Sous le soleil exactement
Pauvres reptiles ! Des langues de vipère leur ont fait une bien mauvaise réputation : diaboliques, froids, dangereux… Ce ne sont pourtant que de vieux préjugés car six des sept reptiles de Wallonie sont tout à fait inoffensifs. Même la morsure de la vipère, espèce rare et très timide, est tout à fait exceptionnelle et n’a pas été mortelle depuis plus d’un siècle ! Comme elle, couleuvres, lézards et orvet gagnent à être connus.
Une question de temps
La Wallonie accueille trois espèces de lézards, trois de serpents et un orvet. C’est peu à l’échelle du continent européen qui compte environ 130 espèces, mais tout à fait normal compte tenu de notre climat : non pas qu’il fasse trop froid l’hiver - les reptiles sont engourdis dans des cavités d’octobre à mars - mais plutôt parce qu’il ne fait pas assez chaud et ensoleillé l’été. C’est en effet une condition indispensable pour assurer le développement des embryons. Adaptés à ce climat plus frais, les reptiles de Wallonie ne se reproduisent ainsi qu’une fois par an, voire un an sur deux quand les œufs se développent au sein de la femelle : ce type de reproduction est en effet très énergivore pour les femelles qui ont bien besoin de se refaire une santé !
Approchez à pas de loup
C’est en août et en septembre que vous aurez une chance d’apercevoir les jeunes. En général, les reptiles se limitent à un espace vital assez petit, pourvu qu’il soit bien organisé : de quoi se nourrir en suffisance, des cachettes pour se mettre à l’abri des dangers et un espace solarium pour les bains de soleil ! Mais rappelez-vous que tous les reptiles de Wallonie sont intégralement protégés. Personne ne peut donc les «chasser, tuer, capturer, détenir en captivité ou perturber intentionnellement» tout comme les transporter et en faire commerce. Et pour les voir, surtout pas de précipitation ! Approchez à pas lents, sans mouvement brusque, car la moindre vibration du sol leur donne l’alerte.
Quelques trucs pour les reconnaître
Le lézard des murailles aime les milieux caillouteux : on y repère vite la silhouette gris-brun et élancée de ce grimpeur d’une vingtaine de centimètres, flanquée d’une longue queue très effilée et de pattes fines à longs doigts. Plutôt brun tacheté de clair et de noir, son cousin le lézard vivipare est plus petit et trapu. C’est celui que l’on rencontre le plus souvent à la lisière des forêts ou dans les tas de bois. Quant au lézard des souches, le mâle se pare d’un bel habit vert vif pour séduire sa belle, mais il est craintif, donc difficile à admirer. Chez nos serpents, la grande taille de la couleuvre à collier est impressionnante : c’est la seule à atteindre un mètre en moyenne ! Pour la reconnaître, il suffit de se fier à son collier noir et blanc. Plus petite et élancée, la couleuvre coronelle a, elle, sur le dos un dessin sombre en échelons . Reste la vipère péliade, petite mais facile à identifier avec son zig zag noir sur le dos. Quant à l’orvet, ce n’est pas un « serpent » mais bien un lézard sans pattes, long, lisse et brillant !