L’eau à la bouche
Avec 12.000 cours d’eau répertoriés, plus de 8.000 étangs et une dizaine de grands lacs, la Région wallonne est une terre à poissons ! De l’escavêche de Chimay à la truite saumonée de Virton, les plats du terroir ne manquent pas de nous le rappeler. Il faut dire que pas moins de cinquante espèces se partagent les eaux wallonnes, depuis le petit ru près de la source jusqu’à l’embouchure du fleuve, en passant par les eaux calmes ; et chacun a sa zone de prédilection.
Dans l’eau vive du ruisseau
Au royaume des eaux vives, la truite est reine ! Elle affectionne particulièrement cette zone où les gouffres succèdent aux cascades. L’eau y est froide et riche en oxygène, la végétation quasi absente. Peu importe : la truite fario et ses compagnons – le chabot, la loche franche ou la petite lamproie – préfèrent ces fonds de graviers et de pierres pour y enfouir leurs œufs après fécondation. L’écrevisse aussi apprécie l’endroit, même si on la retrouve dans les eaux vives, tout au long de la rivière.
La zone à ombre
Après la zone à truite, le ruisseau grossit et devient petite rivière : au fil de l’eau, les courants rapides laissent la place à des zones de courant plus lent, l’eau est moins froide. C’est le domaine de prédilection de l’ombre commun qui vit en groupe et se partage le territoire avec le vairon que l’on pêchait autrefois à la bouteille. Le chevaine et la vandoise sont eux, bien moins populaires, car les gourmets apprécient peu leur chair pleine d’arêtes ! Si le saumon atlantique reconquiert un jour nos cours d’eau, c’est ici qu’il viendra pondre.
En eau chaude
Un peu plus loin encore, où la température estivale peut dépasser 20°C, fraye le barbeau qui peut atteindre jusqu’à un mètre de long. On y trouve aussi souvent le fameux goujon que l’on aime taquiner, et le gardon, une des espèces les plus communes, qui dépose ses œufs visqueux sur les pierres ou dans la végétation.
Un vivier en eaux calmes
C’est pourtant dans les eaux calmes que nombre des poissons de Wallonie ont élu domicile : la tanche et ses petits barbillons aux commissures des lèvres, la brème et sa bouche en accordéon ou la petite épinoche et ses trois épines sur le dos, mais aussi l’ablette et la bouvière. Née dans la Mer des Sargasses, l’anguille n’hésite pas à traverser l’Atlantique pour venir y grandir au calme. Reste cependant pour tous la menace des poissons prédateurs - le sandre, la perche et le terrible brochet – dont la présence évite toute surpopulation !
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