Des repaires pour espèces rares
La Wallonie est une terre de carrières : sable, argile, pierre bleue, calcaire, marbre noir, grès, ardoise… On recense des milliers de sites désaffectés où la biodiversité n’a pas hésité à reprendre ses quartiers : des orchidées aux lézards des souches en passant par le Hibou Grand duc, tous apprécient le calme de falaises, les étendues d’eau et les sols mis à nu, autrefois exploités par l’homme. Conscients de la diversité biologique présente dans leurs sites, certains carriers organisent d’ailleurs leurs exploitations dans le respect de leurs hôtes.
Une verte colonie
Chassées des sites au moment de l’exploitation, les plantes ont vite repris le dessus pour coloniser les carrières désaffectées. Mieux encore, certaines d’entre elles profitent de la mise à l’air de zones sableuses inhospitalières pour laisser exprimer leur capacité d’adaptation. D’autres, particulièrement friandes de calcaire, profitent des anciens sites d’extraction pour s’y épanouir. Selon les caractéristiques de la roche, le type de plans d’eau et l’orientation du site, les plantes s’installent dans des espaces qui leur conviennent au mieux : les lypocodes, vivaces et toujours verts, les prêles aux vertus médicinales et les fougères apprécient particulièrement les falaises et les pierres. C’est au point que de nombreuses espèces protégées, rares ou menacées, ont élu domicile dans d’anciennes carrières wallonnes : pas moins de 30 des 40 espèces protégées d’orchidées. Les habitats sableux en particulier sont une vraie « pouponnière » pour la biodiversité : la colonisation végétale y progresse souvent de façon spectaculaire, mais très ordonnées. Ainsi, aux plantes des terrains instables en succèdent d’autres, au fur et à mesure que le sable se stabilise.
Des habitants à tous les étages
Insectes, batraciens et petits mammifères ne sont pas en reste. Les abeilles et les guêpes solitaires apprécient de pouvoir creuser leur nid dans le sable. Insectes carnassiers souvent d’un joli vert, les cincidèles se plaisent bien dans les lieux sablonneux et ensoleillés : quatre des cinq espèces présentes en Wallonie ont déjà été trouvées dans les carrières, sans parler des nombreux criquets, quelques fois d’espèces protégées. Pierres sèches et mares sont aussi des endroits de prédilection pour le lézard des souches, le crapaud accoucheur ou le Triton crêté, qui a une drôle de crête qui se prolonge jusqu’à la queue ! Côté mammifères, des familles de blaireaux élisent souvent domicile dans les carrières pour y établir un terrier, tandis que les grottes accueillent des chauve-souris. Avec un tel garde-manger et un terrain escarpé, pas étonnant que certains oiseaux aient choisi les carrières pour se reproduire, comme l’hirondelle de rivage, le Hibou Grand-Duc, le faucon pèlerin ou le goéland cendré : attention de ne pas les déranger !
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