Déroulez le tapis vert !
En ville comme à la campagne, dans tous les coins de Wallonie, il y a partout ces jolis coins de tapis vert : les mousses au touché soyeux et les fougères en bouquet d'ailes emplumées colonisent en effet tous les milieux. Elles n’ont l’air de rien et pourtant ce sont parmi les végétaux les plus anciens sur terre : bien avant les dinosaures ! Beaucoup plus raffinées qu’on pourrait le croire, ces « primitives » sont capables d’occuper des milieux très hostiles.
Les mousses, pas la mousse !
Avec 700 espèces différentes en Région wallonne, les mousses présentent une diversité étonnante. Avec un peu d’attention, on les voit partout : sur les arbres, les pierres, les toits, les rochers, les poteaux, les trottoirs, les pelouses, les sous-bois… Certaines ressemblent à des algues égarées sur la terre ferme, d’autres à des fins cheveux, avec des feuilles d’à peine demi-millimètre, d’autres encore font l’éponge : les sphaignes, par exemple, possèdent de nombreuses cellules vides munies de pores qui se remplissent d’eau comme des outres. Elles peuvent ainsi stocker jusqu’à 30 fois leur poids sec en eau.
Vraiment un bon caractère
Il faut dire que les mousses ne sont vraiment pas difficiles ! Si elles manquent d’eau, elles supportent la sécheresse et retrouvent leur vitalité dès que l’eau est à nouveau en suffisance. Beaucoup d’entre elles préfèrent l’ombre et se contentent de peu d’éléments nutritifs. Pas étonnant dans ces conditions qu’elles soient souvent les premières à s’installer dans les zones dévastées, après un incendie par exemple, où elles contribuent à fixer, protéger ou créer les sols.
Des cousines un peu plus évoluées
Très primitives, sans fleurs ni graines non plus, les fougères sont pourtant plus évoluées que leurs cousines les mousses, puisqu’elles ont des tiges qui conduisent la sève. En Wallonie, on recense près d’une cinquantaine d’espèces différentes. Les fougères se sont implantées, elles aussi, dans les milieux les plus divers : la Fougère aigle envahit volontiers les prés abandonnés ou forme des colonies dans les sous-bois. L’élégante Fougère dite « femelle » -même si toutes les fougères sont en réalité asexuée – préfère les bordures de ruisseaux. La Capillaire des murailles s’accroche plutôt aux rochers tandis que la Prêle des eaux s’installe sur les berges inondées des étangs. La Fougère aigle servait autrefois de litière, de paillage pour les cultures et même d’emballage alimentaire ! Et aujourd’hui encore, le purin de fougère est un allié précieux dans votre potager contre les pucerons, les escargots et les limaces. La prêle, elle, est utilisée depuis l’Antiquité pour ses vertus médicinales.
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