Protection rapprochée
A quoi bon protéger une espèce, si elle n’a pas d’endroit pour vivre ! Par exemple, les cigognes noires ont besoin de grands arbres pour y faire leur nid : sans grands feuillus, pas de cigogne noire ! La bonne solution consiste donc à protéger l’espèce mais également son habitat : les plantes, l’eau, les autres espèces, etc. et toutes les relations entre elles. Autrement dit, un écosystème. Ils peuvent prendre la forme d’une tourbière, d’une pelouse, d’une forêt, d’une grotte, d’un terril, d’une ancienne carrière, d’un étang, d’une île ou voire même d’une cave ! En réserve, on protège donc des espèces, animales ou végétales, et des écosystèmes remarquables qui sont rares ou menacés.
Sous bonne garde
Il y a, à ce jour, quelque 430 sites protégés en Wallonie, soit plus de 11.000 hectares : certains sont des territoires immenses, comme les 4.500 hectares de la réserve naturelle des Hautes-Fagnes, d’autres sont aussi petits que l’entrée d’une grotte ! Mais c’est alors le réseau de galeries parfois très étendu qui constitue leur intérêt, par exemple, pour les chauves-souris. Conformément à la loi de la conservation de la nature, tous les organismes vivants d’un site sont intégralement protégés : les plantes (y compris les feuilles, les fleurs, les fruits ou les racines) et les animaux sans exception, qu’ils soient mammifères, batraciens, reptiles ou invertébrés. Il est non seulement strictement interdit de capturer des animaux mais aussi de perturber leur quiétude et leur habitat. Ne vous avisez donc pas de donner un coup de pied dans une fourmilière, c’est interdit !
La meilleure défense, c’est une bonne gestion
Protéger, ce n’est pas juste entourer d’une barrière ! Laissé à lui-même, le site peut rapidement perdre les qualités qui ont justifié sa protection. Imaginez, par exemple, les anciennes zones de pâturage des moutons, aujourd’hui abandonnées mais souvent d’une diversité biologique remarquable : sans entretien, ces pelouses seraient bien vite colonisées par la forêt. Et adieu les papillons caractéristiques et protégés comme l’argus brun ou le demi-deuil! Même si ces pâturages ne sont plus exploités pour des raisons socio-économiques, il faut en conserver et les gérer pour préserver la biodiversité qu’ils accueillent. Les moutons, les chèvres ou la sympathique vache Highland sont des alliés pour l’entretien d’une grande variété de réserves. Dans le même esprit, les tourbières ont souvent fait l’objet de travaux d’assèchement dans le passé. Il faut donc désormais intervenir pour rétablir l’humidité qui leur est indispensable. Sur le haut plateau des Tailles, par exemple, près de la Baraque de Fraiture, s’étalent près de 700 hectares de réserves naturelles. Depuis 1990, de nombreux travaux de gestion ont été entrepris pour restaurer les tourbières, notamment en éliminant des épicéas envahissants et en créant des chapelets de mares. Aujourd’hui on y retrouve des sphaignes et des linaigrettes, des plantes caractéristiques des tourbières, mais aussi des libellules rares et des oiseaux migrateurs. Et pour en savoir plus sur les tourbières, rendez-vous la semaine prochaine !
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