Scarabées, coccinelles et compagnie
Quel bonheur de voir la demoiselle coccinelle prendre le frais sur un brin d’herbe grasse ! Elle balade sa carapace en se dandinant du haut de ses six pattes et déploie ses ailes en étui pour s’envoler. C’est la plus populaire de la très grande famille des coléoptères où se côtoient beaucoup d’espèces très différentes : certaines volent, d’autres pas ; certaines sont très petites, d’autres franchement grosses ; certaines sont des alliées dans les jardins, d’autres font de sacrés dégâts ! Toutefois, elles ont en commun d’avoir deux paires d’ailes - dont une, les élytres, forme un bouclier protecteur - et des mandibules broyeuses. Pour les voir, pas besoin de courir au bout du monde : la Wallonie accueille quelques très beaux spécimens, comme le lucane cerf-volant (le plus gros des insectes européens !), le ver luisant ou le cardinal à la robe rouge écarlate. Alors, à vous de jouer pour les reconnaître !
Dis-moi ce que tu manges
En noir et rouge ou jaune, la coccinelle est l’amie du jardinier pour dévorer les pucerons dont elle est friande… sauf la coccinelle à vingt-quatre points qui - pas de chance - leur préfère le feuillage tendre ! Sous sa cuirasse rouge bordeaux, le hanneton commun apprécie lui aussi les jeunes pousses d’arbres.Très chic, en habit à rayures noir et jaune, son cousin le doryphore se fait une orgie dans les champs de pommes de terre. D’un joli vert métallique, la cétoine dorée préfère les fl eurs et le pollen. Quant aux carabes – 240 espèces répertoriées en Wallonie – ils mangent carrément des limaces séchées ou des vers de terre. Et ce sont des excréments de mammifères qui font le repas du bousier : il y creuse même des petits tunnels pour que sa femelle y ponde ses oeufs et que ses larves ne manquent pas de réserves ! Les nécrophores font, eux, offi ce de fossoyeurs : ils enterrent carrément les cadavres et en font des petites boules pour leur progéniture à qui la femelle donne la becquée. Hum… charmant !
Des larves voraces
Les coléoptères ont aussi la particularité de se transformer complètement. Difficile donc de reconnaître l’adulte à partir de la larve qui ressemble souvent à un « ver blanc »! Beaucoup de larves grignotent des racines, quelques fois pendant des années, comme celles des hannetons ou de la petite biche. Les larves des longicornes (encore appelés capricornes) adorent aussi le bois. Certaines espèces ont une préférence pour les vergers, comme l’anaglypte qui préfère le bois mort de pommier. Quant à la larve du balanin des noisettes – une sorte de charançon – elle a un faible pour l’amande des noisettes, dont elle se régale jusqu’à être bien dodue. Puis elle sort et hiberne entre les racines du noisetier, en attendant le printemps pour faire une chrysalide. Mais pour certaines larves, arriver à l’âge adulte relève de l’exploit sportif ! Ainsi, la femelle du méloé pond et enterre quelque 10.000 oeufs. La larve monte ensuite au sommet d’une fl eur, et attend l’arrivée d’une abeille pour grimper sur son dos. Elle est alors amenée clandestinement vers le nid de cette abeille solitaire et y dévore ses oeufs ainsi que sa réserve de pollen et de nectar, pour ensuite se transformer en un magnifi que adulte à la robe noire aux refl ets bleutés. Bois, fl eurs, fruits, pollen… Pas étonnant donc que les coléoptères aient beaucoup souffert de l’usage des pesticides, au point que certaines espèces soient aujourd’hui menacées. Ils sont pourtant à leur tour au menu d’autres animaux, comme la chouette chevêche, la chauve-souris, le lézard des souches ou le hérisson.