Les pelouses calcaires Orchis pyramidal Phalangère à fleurs de lis Anthyllide vulnéraire Fluoré Argus frêle Globulaire

Thème de la semaine 23

Les pelouses calcaires

Calendrier des activites

Un petit air de Provence

 

Origan et sarriette, papillons multicolores, criquets et sauterelles, rochers calcaires… Vous ne rêvez pas ! La Wallonie peut prendre l’accent du midi sur ses pelouses calcaires, des écosystèmes semi-naturels hérités des grands pâturages de terres peu propices à l’agriculture. Des moutons et des chèvres ont gambadé dans ces coteaux depuis le Moyen-Âge jusqu’au début du vingtième siècle. Et aujourd’hui, cette combinaison de calcaire, lumière, sécheresse et pâturage fait de ces pelouses calcaires l’un des écosystèmes parmi les plus riches d’Europe occidentale. Bienvenue dans la Provence wallonne !

 

Une garrigue wallonne

Ne cherchez pas une pelouse bien grasse de jardin, ça n’a rien à voir ! Chaleur, sécheresse et sol calcaire sont la règle pour cette végétation. Dès que l’herbe maigre qui les recouvre a été jaunie par le soleil ardent de l’été, les pelouses calcaires sont identifiables au premier coup d’œil : installées sur des terrains pentus voire escarpés, elles sont exposées au soleil et implantées sur des sols riches en calcaire. Elles forment de petites mosaïques rassemblant des prairies très rases, des friches, des broussailles et des petits fruitiers. On y trouve une foule de graminées, comme le brachypode penné qui forme une touffe de brins verts ou les jolis bromus erectus aux reflets bruns, et quantité de fleurs comme la centaurée scabieuse, la petite primprenelle, la blanche phalangère à fleur de lys ou l’hélianthème jaune. Mais ce sont surtout les amateurs d’orchidées qui sont à la fête, puisque les pelouses calcaires accueillent près de la moitié des espèces d’orchidées wallonnes : certaines sont rares comme la belle ophrys fuciflora, blanche et rouge, l’orchis militaire et son épi de fleurs violacées ou l’ophrys abeille mauve, qui semble accueillir une abeille en son cœur.

 

A la chasse aux papillons

Virevoltant au soleil parmi les fleurs, les papillons ont fait des pelouses calcaires leur territoire de prédilection : c’est même là que l’on peut y voir le plus d’espèces de jour en Belgique. Ils forment une guirlande multicolore : les ailes vertes translucides du fluoré, les reflets bleu de l’argus minime, la fourrure orangée du grand nacré ou la soie noire et blanche du demi-deuil. Pour les chasser, prenez plutôt un appareil photo qu’un filet car beaucoup d’entre eux sont des espèces protégées ! Ils cohabitent avec le grillon des champs, la guêpe poliste et la cétoine dorée, ce joli coléoptère vert métallique qui se régale d’étamines de fleurs. Chaleur, pierres et insectes font aussi le bonheur des reptiles wallons : il n’est donc pas rare de trouver trois à quatre espèces différentes sur une même pelouse calcaire, comme le lézard des souches, la couleuvre coronelle ou l’orvet, surnommé à tort le « serpent de verre » puisque c’est un lézard !

 

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