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Thème de la semaine 24

Les bords de routes

Calendrier des activites

A la croisée des chemins

Depuis 1995, un panneau a fleuri le long des routes de Wallonie : il annonce un fauchage tardif qui permet, quand c’est possible, de maintenir et de développer la vie sauvage sur les talus et les bas-côtés. 200 communes wallonnes, la Région et les Provinces, participent à l’opération qui a permis la création d'un réseau écologique de plus de 13.000 km de long. A la belle saison, ces routes accueillent de longs rubans de fleurs, d’arbustes, d’herbes et de champignons. Et, bien entendu, insectes, reptiles, mammifères et oiseaux s’y donnent aussi rendez-vous pour une joyeuse sarabande de biodiversité au sein de ces refuges naturels.

 

Le temps de la nature

Depuis l’interdiction des herbicides au milieu des années 80, c’est uniquement le fauchage qui sert à l’entretien des bords de route. Mais point trop n’en faut ! En ne fauchant qu’une fois par an, en août ou septembre, on laisse en effet aux plantes le temps de fleurir et de produire des graines pour l’année suivante. Plusieurs générations d’une même espèce cohabitent donc, ce qui favorise les échanges génétiques et entretient leur capacité d’évolution.

 

Un bandeau végétal

Les bords de route créent ainsi des passerelles entre différents îlots de nature : avec presque 800 espèces végétales répertoriées, on trouve sur les bords de route pas moins de 50% des espèces naturellement présentes en Wallonie, y compris des espèces rares ou menacées comme les orchidées. En fonction de la nature du sol et de l’orientation, on trouve aussi un florilège de plantes à miel comme les asters ou l’origan, mais aussi des centaurées, des coquelicots, des boutons d’or… Les champignons apprécient eux aussi les bords de route : les morilles optent pour les talus fraichement remués ; la lépiote déguenillée ou le pied bleu aiment surtout les amas de feuilles ; bolets et amanites préfèrent la compagnie d’arbres ou d’arbustes.

 

Un refuge pour les animaux

Ce fauchage tardif profite, bien entendu, aux espèces animales qui trouvent, sur les bords de route, nourriture et abri. Car qui dit fleurs, dit insectes et oiseaux. La perdrix grise, par exemple, s’y plait beaucoup : feuilles et graines pour les adultes, insectes pour les poussins, le menu est varié ! Elle partage le terrain avec le bruant proyer, le faisan, le moineau domestique et le verdier d’Europe à condition qu’il y trouve des pissenlits. L’alouette des champs y niche car, au printemps, lorsqu’elle cherche un emplacement pour son nid, beaucoup de champs sont encore nus. Et si les talus sont bien exposés et un peu caillouteux, on peut surprendre un lézard des murailles ou une couleuvre coronelle qui se chauffent au soleil. En bordure de forêts, cerfs et autres chevreuils y trouvent de quoi se nourrir. Au cas où un imprudent traverserait sans regarder, ne roulez pas trop vite !

 

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