Nature à la ville
Pas de nature en ville ? Pensez-vous ! Jardins publics et privés, parcs, étangs, rues arborées, abords de voies ferrées, friches mais aussi façades et balcons fleuris, terrasses, toitures vertes ou potagers urbains : bref, les zones urbaines regorgent d’îlots de verdure, sauvage ou maîtrisée. Et la biodiversité est partout et même quelque fois plus présente que sur les grands champs en monoculture de certains coins de campagne. Mais elle est fragile et souvent peu visible. Dans votre rue, sur votre balcon ou au parc : ouvrez bien vos yeux et vos oreilles !
Opération portes ouvertes
Même dans les villes et les villages, nos bâtiments sont plein de vie ! Cloportes et moustiques, coccinelles, araignées et mouches aux yeux d’or, mais aussi, dès le printemps, la petite hirondelle de fenêtre : de retour de son périple africain, elle aime faire son nid de boue sous le toit, à l’angle d’une fenêtre ou dans les garages. Dans les combles et les clochers, il fait sombre et calme pour le plus grand bonheur des chauves-souris, de la chouette effraie, du choucas ou du martinet qui y élisent domicile… si les pigeons leur laissent la place ! Depuis 1995, Année européenne de la Conservation de la Nature, la Région wallonne encourage d’ailleurs l’aménagement des combles et des clochers en faveur de la faune sauvage avec, par exemple, l’installation de chiroptières: des petites ouvertures qui permettent l’accès aux chauves-souris, mais pas aux pigeons ! Certains amateurs de bâtiments sont plus ambitieux, comme ces faucons pèlerins qui ont niché sur les tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Tihange ou la Cathédrale Saint-Michel à Bruxelles.
Côté cour et côté jardin
Sur le pas de la porte aussi, la nature se fait une place en ville, à commencer par les jardins privés. Fleurs, escargots, coccinelles, abeilles, papillons, grenouilles et oiseaux des jardins… Tout dépend, bien entendu, de l’accueil que vous réservez à ces hôtes : un jardin sans pesticides où vous ne tondez pas trop souvent et qui accueille des plantes vivaces locales et une petite mare sera bien plus riche en biodiversité qu’un gazon tondu à ras et bordé de thuyas ! Les communes qui adoptent la gestion différenciée pour leurs espaces verts l’ont bien compris : elles choisissent, par exemple, des plantes vivaces ou des prés fleuris pour les ronds-points et les cimetières, un désherbage sans herbicide ou des haies de viorne, cornouiller ou sureau noir qui nourrissent oiseaux, rongeurs et autres insectes. Sur les murs et les grilles, lierres et chèvrefeuilles s’entortillent, escaladent les clôtures et grimpent le long des façades. Ils regorgent de vie !
Allez au parc !
Dans les parcs, la nature nous semble évidemment plus visible : une nature dessinée et domestiquée, ce qui n’empêche pas la biodiversité ! Au Parc Louise-Marie de Namur ou à la Boverie à Liège, par exemple, petits et grands arbres accueillent rouges-gorges, troglodytes, mésanges et sittelles mais aussi des écureuils et quelques hérissons. Sous le miroir calme des étangs des parcs wallons s’ébattent épinoches, crapauds et grenouilles tandis que les canards cancannent joyeusement : vous remarquerez peut-être un tadorne de Belon ou un grèbe huppé . Sur les friches et en bordure de voies de chemin de fer, il n’est pas rare non plus de faire de belles rencontres : un lézard des murailles, un crapaud calamite ou un criquet à deux ailes.