Les libellules Aeschne bleue Agrion délicat Agrion mignon Caloptéryx éclatant Gomphus gentil Leste fiancé Sympétrum à nervures rouges Orthétrum réticulé Libellule déprimée Libellule à quatre taches

Thème de la semaine 28

Les libellules

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Un ballet de funambules

 

D’avril à octobre, quand les journées sont chaudes et ensoleillées, vous pouvez assister à un étrange ballet de funambules au bord de l’eau. Les libellules célèbrent à leur manière les quelques semaines qu’elles ont à vivre sous leur forme adulte. Les larves, qui ont passé 3 à 5 ans dans les mares, se métamorphosent en élégantes danseuses aux magnifiques couleurs métalliques : en bleu, vert, jaune, brun, écarlate ou noire, près de 63 espèces virevoltent près des étangs, des rivières et des tourbières de Wallonie. Entrez dans la ronde de ces gracieuses carnivores dont la présence est un excellent indicateur de l’état de la biodiversité !

 

Charmantes demoiselles

Les libellules sont les insectes les plus anciens apparus sur Terre. A cette époque, certaines d’entre elles avaient des ailes aussi larges qu’un oiseau ! Aujourd’hui, ces charmantes ballerines sont bien plus petites, surtout les « demoiselles » qui ont deux paires d’ailes identiques jointes sur le dos. Leur vol léger et papillonnant est facile à reconnaître. Les libellules « vraies », leurs cousines, ont les quatre ailes de même taille. Elles sont particulièrement performantes : elles peuvent atteindre jusqu’à 60 km/h en vitesse de pointe ! Elles n’ont donc pas de mal à suivre mouches et moustiques qui sont leur repas préféré. D’ailleurs, ces redoutables prédatrices n’hésitent pas aussi à se manger entre elles, les plus grandes capturant les plus petites.

 

Un pas de deux

Les libellules ont impérativement besoin de mares ou de rivières pour y déposer leurs larves. Après un romantique ballet où mâle et femelle forment un joli cœur pour se reproduire, madame va pondre ses œufs : à la surface de l’eau si elle pond en plein vol, dans une tige ou carrément dans l’eau. La femelle de l’agrion porte-coupe peut même faire de l’apnée pendant plus de 20 minutes pour pondre ! Progressivement, les larves vont se transformer jusqu’à devenir ces magnifiques insectes aux ailes diaphanes et aux gros yeux perçants.

 

A fleur d’eau

Certaines espèces se retrouvent dans des eaux particulières : le gomphus à crochets, jaune et noir avec de gros yeux verts, s’installe au bord des rivières à truites, où l’eau est la plus pure. La cordulie arctique et la leucorrhine à gros thorax s’installent dans les tourbières des Ardennes tandis que le leste brun hiberne dans les roselières : c’est d’ailleurs la seule espèce de Wallonie à pouvoir hiberner chez nous à l’âge adulte. Certaines espèces, enfin, ont le goût des voyages, comme l'anax porte-selle qui peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Au cours des dix dernières années, neuf espèces de libellules méridionales ont d’ailleurs établi leurs quartiers en Wallonie, du fait du réchauffement climatique. C’est le cas, par exemple, de la sympetrum méridionale, à la robe rouge écarlate, au leste sauvage en habit rayé jaune et vert ou de la superbe naïade aux yeux bleus. Aujourd’hui, beaucoup d’espèces sont rares ou menacées et bénéficient d'une protection totale : leur capture est donc interdite. Mais rien ne vous empêche de faire une belle collection de photos !

 

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