Prenez la clé des champs
Naïves, simples, sauvages, mauvaises herbes : que ne dit-on pas sur les fleurs des champs et des prairies ! Elles s’installent où bon leur semble avec une poignée de graines ou des racines bien solides. Pourtant, avec elles, c’est un festival de couleurs dès le printemps : rouge du coquelicot, bleu du bleuet, mauve de la centaurée, jaune de la tormentille, rose de la bistorte… et une multitude de parfums et de nectar ! Or ces belles ne sont pas seulement charmantes, odorantes et mellifères, la plupart d’entre elles sont aussi comestibles et ont des vertus médicinales. Vous avez dit «mauvaises herbes»?
Une moisson de bouquets
Dans les champs, la culture imprime son rythme à la nature et les fleurs messicoles (« des moissons ») se sont adaptées au cycle des céréales. Certaines poussent donc avant la moisson, comme la plus fameuse d’entre elles : le délicat coquelicot. Connu pour ses vertus apaisantes en tisane, il produit une quantité astronomique de graines, également comestibles : jusqu’à 50.000 graines par an pour un plan de coquelicot. Son compagnon le bleuet, réputé pour soulager les yeux irrités, est désormais bien plus rare. Avec le jaune chrysanthème des moissons et le mouron bleu, ils forment pourtant un magnifique bouquet champêtre au milieu des blés. Mais la culture intensive en a fait des indésirables. Heureusement, des programmes de restauration sont développés juste à leur intention depuis plusieurs années maintenant.
Le pouvoir des fleurs
C’est dans les prairies que l’on trouve la plus grande variété de fleurs : jusqu’à 50 espèces différentes, très variables selon le degré d’humidité, la hauteur de la végétation et le type de fauchage. Sur les pelouses semi-naturelles en pentes fortes, on trouve de précieuses alliées : les petites fleurs jaunes buissonnantes de la potentille tormentille, réputée astringente et hémostatique ; l’épervière piloselle, un genre de pissenlit à feuilles de pâquerette, antibiotique et diurétique ; ou la simple marguerite qui a des propriétés calmantes, comme sa cousine la camomille. Quelques orchidées et de nombreuses graminées, comme l’avoine dorée aux jolis reflets jaune paille, agrémentent aussi le décor.
Là-haut sur la montagne
Plus haut encore, à une altitude supérieure à 550 m rare en Belgique, vous pouvez admirer quelques espèces caractéristiques comme le fenouil des Alpes qui embaume. Plus rare, la centaurée noire semble avoir une petite tête rose ébouriffée sur un cou en écailles d’artichaut. Il paraît qu’en magie noire, elle a des vertus envoûtantes. Mais ne vous y frottez pas : elle est si menacée qu’elle est entièrement protégée ! Même chose pour le fameux arnica, très réputé pour ses effets cicatrisants et désinfectants. Quant à la ravissante alchémille vert-jaune, on l’appelle aussi le « manteau de dame » pour ses vertus anti-inflammatoires et cicatrisantes.
Les pieds dans l’eau
Certaines espèces préfèrent des prairies plus humides, comme la charmante pimprenelle,. Le long des ruisseaux, en bas des versants, la floraison rose de la bistorte est spectaculaire et très appréciée des abeilles. Dans les zones franchement humides, place aux hautes herbes ! La haute tige dressée au port altier de la reine-des-prés, très parfumée, ou la délicieuse angélique aux grandes ombelles vertes. Connue sous le nom d’ « herbe aux anges », les tiges d’angélique en fruits confits font le régal des gourmands!
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